dimanche 17 mars 2013

Un gros niveau d'huiles, ça vous met la pression

Ni photos ni vraie histoire à raconter cette fois-ci, juste quelques lignes à inscrire à la Gazette du Kendô à Taitô-ku : ce dimanche, gros rassemblement de 7ème dan et plus côté moto-dachi pour un entraînement spécial au Riverside Sport Center de Taitô. Il y en avait une bonne grosse trentaine, venus des quatre coins de Taitô-ku, Bunkyô-ku, Chiyôda-ku et Chûô-ku, c'est-à-dire grosso-modo des districts environnants. On s'en est payé une bonne tranche, et il y avait le choix. Le problème, c'est que je ne m'entraîne presque pas ces derniers temps (à peine une fois le week-end), et que je me fais grave du lard, alors quand soudainement il y a des papy (ou des jeunes 7ème dan tout frétillants, ça existe aussi) qui vous poussent et vous bousculent dans tous les coins en se fendant la poire (Ha ha, c'est drôle, ha ha ! Men ! Ha ha ! Kote ! Ha ha ! Kaishi-dô dans ta face ! Ha ha !), moi je pouffe et je souffle à m'en exploser les poumons au bout d'à peine cinq minutes. Pas brillant. Mais enfin ils étaient plutôt sympas, finalement on a surtout fait du fondamental (seme, seme, seme, j'y arrive pas !), alors je me suis bien amusé. 
J'en ai affronté cinq-six dans l'heure (il y avait la queue, vous pensez), dont un huitième-dan de Taitô qui venait déjà régulièrement au Riverside Sport Center à l'époque où je m'entraînais au Hombu-dôjô (celui qui vient de changer de nom, suivez l'actualité, sinon vous pigerez rien).
La honte, c'est qu'il ma fait exactement les mêmes remarques fondamentales qu'il y a deux ans (et pourtant, je m'étais bien dis...), à savoir "Relax, relax !" et "Tes bras, trop haut, plus bas !". Bref, progression : zéro. Haut les coeurs,  qu'à cela ne tienne, je reviendrai dans deux ans...


Et puis à la fin, les sensei sont allé prendre la douche, donc les autres (comprenez en dessous de 7ème dan) en ont profité pour aller se remettre sur la tronche. Ça m'a permis d'affronter à nouveau Suzuki-sensei (5ème dan) du San-shin-ken, que je n'ai plus l'occasion de voir souvent (sauf quand il vient parfois s'entraîner au Matsuba). Ça faisait un bail, et j'aime bien son kendô. J'ai même réussi à lui mettre un joli de-kote, dont j'étais tout fier (c'est pas tous les jours Noël...).

Bref, j'ai bougé un peu mon ventre, avant la reprise terrible d'avril...

dimanche 3 mars 2013

初段審査 (Passage de 1er dan)

Ce dimanche, c'était le jour de mon passage de 1er dan de iaidô, au Tokyo Budôkan.

J'ai passé le week-end en stage spécial, sous la direction d'Itô-sensei, avec une brochette de Hongkongais venus spécialement pour l'occasion s'entraîner au Kodôkan et au Shûdôkan. On a passé 5 heures le vendredi et 3 heures le samedi matin à répéter inlassablement les cinq même kata, qui étaient "fortement pressentis" pour les passages respectifs des premier, deuxième et troisième dan du dimanche. C'est-à-dire en d'autres termes qu'Itô-sensei savait à l'avance ce qui allait tomber, ce qui nous a permis de faire un travail spécifique (il faut s'entraîner avec des huitième-dan hanshi avant les passages de grade, c'est très recommandé...).

Itô-sensei a été particulièrement strict et exigent pendant ces entraînement, et il ne nous a pas ménagé. On a vraiment travaillé en profondeur et dans le détail, en corrigeant point par point tous nos défauts. Dans mon cas, j'ai été doublement sollicité, car j'étais la seule personne présente maîtrisant suffisamment et l'anglais et le japonais pour faire le lien entre les directives autoritaires d'Itô-sensei et les questions hésitantes des Hongkongais. Ça m'a demandé pas mal de concentration d'être présent à la fois dans mes kata... et dans ceux des autres, toujours une oreille sur les explications, et un bout de cerveau en processeur de traduction en temps réel, dans deux langues qui ne sont pas mes langues maternelles. Un bel exercice. Je me demande un peu comment ils auraient fait si je n'avais pas été à l'entraînement, car ils ne parlaient vraiment pas plus de trois mots de japonais, nos amis d'outre-mer. C'est un peu inconscient ça, de se confronter à Itô-sensei sans comprendre ce qu'il raconte. On peut vite se faire engueuler vertement sans trop savoir pourquoi...

Le plus drôle, c'est qu'au début je n'avais pas compris qu'ils étaient Hongkongais et qu'ils ne parlaient pas la langue. Moi je vois des bridés au Japon, je me dis "tiens, des Japonais" (les asiatiques, eux, font généralement tout de suite la différence. Moi pas). Bon, à réflexion ils avaient pas des têtes de Japonais, c'est vrai ; mais à rencontrer des gens comme ça dans un petit dôjô perdu au milieu de Nakano, en groupe de quatre avec des sabres, on ne se dit pas immédiatement : "tiens, des Hongkongais qui ne parlent pas la langue". Du coup, la première fois qu'Itô-sensei, après une explication, se tourne vers moi et me dis abruptement "Rôshu, dis-leur !", je l'ai regardé sans rien dire pendant deux-trois seconde avec un air de poisson mort, en me répétant intérieurement "Il se f*** de moi ou bien ?". Je croyais sincèrement qu'il plaisantait. Quand il a vu que je restais fermement silencieux (savais pas trop sur quel pied danser), il a dit "Ah, laisse tomber" avec son air agacé, et il a continué.
Après, longtemps après, quand un Hongkongais tout poli est venu me dire "euh, tu pourrais traduire de temps en temps ce qu'il dit, parce que nous on comprend pas bien", là j'ai finalement saisi un peu mieux la situation (je suis un peu lent à saisir les situations, vous savez). Et là je repense soudainement à Yagyû Munenori, mon fétiche, et à son 活人剣 (katsu-nin-ken), ma Bible, dans l'introduction duquel il dit : "Saisir le potentiel d'une situation, tel est l'art de la guerre ! [...] L'observation attentive de la dynamique d'une situation, fût-ce au sein d'un groupe, relève aussi de l'art de la guerre. Si vous ne saisissez pas sur-le-champ la dynamique d'une situation, en vous attardant en milieu hostile, vous risquez de vous retrouver en mauvaise posture. [...] Il faut percevoir la dynamique d'une situation, et savoir mesurer l'état d'esprit des gens qui composent un groupe."
Cho la honte.

Vient le grand jour. J'étais le seul à présenter le 初段 (premier dan), et ma série était dans l'ordre :
1. 一本目・前 [Ippomme - Mae (1er kata, devant)]
2. 二本目・後 [Nihomme - Ushiro (2ème kata, derrière)]
3. 五本目・袈裟切り [Gohomme - Kesa-giri (5ème kata, coupe de la veste de moine)]
4. 六本目・諸手突き [Roppomme - Morote-zuki (6ème kata, estoc à deux mains)]
5. 七本目・三方切り [Nanhomme - Sampô-giri (7ème kata, coupe dans trois directions)]
J'étais relativement confiant, tout le monde au Shûdôkan me disait que si je ne faisait pas d'erreur dans les kata, je devrais l'avoir. Itô-sensei m'a même dit de vive voix "T'as fait des progrès toi, ces derniers temps". Alors pour en arriver là, c'est qu'il devait y avoir un fond de vrai. La réalité, c'est que malgré tout ça, une fois sur le parquet en face des cinq juges, je n'en menais vraiment pas large. Question gestion du stresse, je suis vraiment une bille. Du coup, j'ai même réussi à faire une faute de débutant sur le premier kata (bien relever les orteils au moment où l'on se redresse, pour pouvoir avancer après ; les connaisseurs apprécieront la grandeur de ma bêtise). Mais enfin, bon an mal an, avec la force de l'habitude, on a fait une prestation suffisante pour décrocher ce premier dan, avec les honneurs semble-t-il. J'ai même été félicité par un des chefs de la police (Hata-sensei), qui était là pour encadrer ses propres élèves (deux policiers d'une trentaine d'année qui passaient leur troisième dan). C'est un ami d'Itô-sensei et d'Onikubo-sensei, qui travaillent eux aussi à la police de Tokyo (la police de Tokyo, c'est un peu le sanctuaire des arts martiaux nippons contemporains, pour ceux qui l'ignorent).
Donc tout s'est bien passé, et même mieux, car j'ai fait là-bas la rencontre de deux étrangers, respectivement Hollandais (Ivo) et Colombien (Esteban), qui étudient actuellement à 国際武道大学 (kokusai budô daigaku), soit l'université internationale des arts martiaux, du côté de Chiba (banlieue "large" de Tokyo). Si je les ai abordé, c'est parce qu'Ivo passait en fait juste devant moi (première vague, pas le temps de stresser !), et que j'ai été franchement scié par son niveau en le voyant. Je suis donc allé le féliciter après le passage, et c'est là que j'ai compris...
Il m'a dit "Tu fais quoi toi" (sous-entendu en dehors du iaido), alors je lui réponds "Je fais du kendô ; et toi ?".
- Moi je fais aussi du kendô, et puis de la naginata, du kyûdô et de l'aikidô..."
- ... Ah, bon..."

On se sent petit, tout à coup.
Enfin, notez bien, c'est pas une question de volume horaire, hein, mais enfin vu son niveau de iaidô style "gros bourrin puissance 10" après un an seulement de pratique, je me suis subitement senti très très modeste.
Il fait partie de l'équipe officielle de l’université, cela va sans dire...
On a échangé nos mails aussi, vous vous doutez bien (non, non, je ne suis pas intéressé... juste affreusement jaloux !).

A mentionner également, le monde du budô est décidément petit, très petit, même à Tokyo, car j'ai également revu notre camarade Jérémy, qui s'entraînait à Lyon l'année dernière avant de partir faire son doctorat à Tôdai. Il a également reçu son premier dan à l'occasion !

Pour finir, je n'ai malheureusement pas pu filmer ou faire filmer sur place, alors j'ai fais la vidéo "en studio" dans un local du gymnase de Meiji, pour que vous puissiez quand même un peu juger un peu de mes progrès (le stress en moins), sur les cinq kata concernés :




Et en vidéo-bonus, 総切り [sô-giri], parce qu'il est rigolo et que je l'ai travaillé récemment aussi :




De retour au dôjô, le lundi suivant, Itô-sensei m'a invité à faire le traditionnel speech devant les autres membres, en me demandant avec son sourire de vieux renard : "Alors, tu l'as eu ton troisième dan ?"
Je vous ai dit que je l'aimais bien ?

vendredi 22 février 2013

Entraînement inaugural

L'ancien 本部道場 (Hombu dôjô) de Taitô-ku est récemment passé des mains de Satô-sensei à Fukumoto-sensei, et a par la même occasion a récemment changé de nom. Pour fêter ça, ils ont fait un petit entraînement particulier ce soir, avec comme d'habitude une belle rangée de septièmes dan côté haut du dôjô.

Ça faisait un moment que je ne les avais pas vu, alors j'y ai traîné ma mère en visite à Tôkyô, pour qu'elle puisse admirer le gratin, et que je puisse m'en payer une bonne tranche. Ils m'ont tous mis chacun leur tour une avoinée sanglante (Satô-sensei, Waguri-sensei, Fukumoto-sensei), et quand tout a été fini, ils m'ont dit avec de grands sourires "T'as fait des progrès ; ça fait plaisir de te revoir. Tu continues à t'entraîner régulièrement ?".

Oui, moi aussi je vous kiffe les gars...

lundi 4 février 2013

Vieux Renard

Voilà, ça faisait une ou deux semaine depuis la reprise qu'Itô-sensei était particulièrement casse-bonbon, et prenait un malin plaisir à me taquiner avec acharnement, du genre "Mais c'est quoi ces mains de femme" ou "Mais qu'est-ce que c'est que ça, c'est pas comme ça qu'on fait du iaï au Japon" et puis "C'est quoi cette manière d'armer son sabre [il y a une expression qui veut dire littéralement "le tenir comme une merde" ; si si, on en apprend des choses au iaï au Japon] ? Faut faire comme ça ; t'as compris ?"

 Bon, et puis ce soir, il vient il me corrige une position de genoux sur le quatrième kata de la série seitei (tsuka-atte) avec son ton bourru habituel "Là angle droit, là aussi et là aussi, t'as compris ?", et puis il se tourne vers Onikubo-sensei, et il lui dit devant moi : "Bon, Rauch là, il faut absolument qu'il s'inscrive à la prochaine compétition, hein ? Tu lui explique."

Plus tard, je pliais mon hakama dans les vestiaires, et en passant il me pose paternellement la main sur la tête, et il me dit avec son petit sourire en coin : "T'es devenu bon toi ces derniers temps."

Vieux singe ! Je t'aime bien, va.

dimanche 9 décembre 2012

日中法明 (Les 4 universités)

Ce jour-là, c'était le tournois des quatre universités  日本 (Nihon 中央 (Chûô– 法政 (Hôsei– 明治 (Meiji). Mais attention, pas seulement entre les universités, mais également entre les clubs des différents campus des universités, ce qui fait que les kendôbu des campus d'Ikuta et de Surugadai étaient aussi présent pour représenter Meiji, et étaient des adversaires potentiels. Et de fait, ils l'on été, car la première (et seule) équipe que la mienne a affrontée venait d'Ikuta (les ploucs, dans la campagne, qui apprennent l'agriculture). Ils nous ont battu assez vigoureusement ; sur neuf combats, ils ont fait cinq victoires, trois défaites et un iki-wake (nul).

J'avais eu l'honneur d'être désigné 大将 (taishô, capitaine) par mes camarades de l'équipe D. Le combat était déjà perdu d'avance quand mon tour de tirer est arrivé (un capitaine tire en dernier, pour ceux qui l'ignorent) ; on avait déjà pris cinq défaites, malgré la remontée  courageuse de certains coéquipiers, et un combat féroce, mais perdu, par mon "bras droit" Awa-chan (il tirait en tant que 副将, fukushô).
Pas de combat décisif donc, mais le champ libre "pour l'honneur". Avant de me présenter sur le terrain, j'ai remonté toute la file des sempai derrière nous, en cognant la pogne à chacun d'entre eux sous leurs cris de guerre. Alors quand je suis arrivé en face de mon adversaire sur le shiaïjô, une tête et bien dix kilos de plus que lui, il était tellement à l'aise qu'il a vacillé au moment de saluer, et manqué de se casser la figure. Rire de ses propres sempai. J'avais nettement l'avantage.
Et bien je n'ai même pas réussi à l'emporter dites ! J'ai fait mon bête kendô scolaire, avec du men à tout va, sage et sans innovation ni prise de risque (avec ces petits nerveux de Japonais, il faut dire aussi, les prises de risque ça se finit souvent tragiquement). Un meilleur seme que d'habitude (je travaillais ça à ce moment-là... travaille encore d'ailleurs...), mais je reste trop fixe, sans réelle attitude offensive. Le chronomètre tourne, et je finis un peu tristement sur un iki-wake, alors que j'avais en mains les cartes pour un victoire écrasante. Un peu déçu.

Voilà la vidéo, que mes coéquipiers ont eu la gentillesse de tourner et d'envoyer sur votre ami YouTube. Je suis le grand, en rouge :



Pour mémoire également, et pour la comparaison, voici mon combat (troisième position dans l'équipe 3) fin octobre (21), contre un membre du kendôbu de l'université de Waseda, lors d'une rencontre amicale à Meiji. Je suis aussi en rouge, plus offensif (et ça paye), mais moins menaçant, moins au centre, plus brouillon :



Pas mon truc, hein, la compétition. Mais on persévère. Ah-hoo.

Ah oui, les filles ont encore déchiré leur race, comme toujours.  Hourra pour les filles de Meiji !



vendredi 23 novembre 2012

Recette du temps perdu (marinade traditionnelle japonaise)


Niveau : enfantin
Macération : environ 15 heures
Energie : 0 kcal
Pour : une douzaine de personnes (plat très inconsistant)
Cuisson : sur des charbons ardents

Ingrédients :
-        1 compétition universitaire ;
-        1 grand gymnase de l’université de Tokyo à conserver à température ambiante (fin novembre) ;
-        1 plein jour de vacance exceptionnel, dilué dans un emploi du temps chargé ;
-        1 temps pourri à garder au chaud sous la couette ;
-        1 poignée de sempai expérimentés ;
-        1 gros bouillon d’assistants ;
-        1 soupçon d’exaspération ;
-        1 dose de mauvaise humeur.

Préparation :
1.     Levez-vous vers 6h30. Faites vos exercices quotidiens et prenez un petit déjeuner morose. Emballez votre armure, vos shinaï, et partez prendre le train en oubliant d’emporter un repas de midi.
2.     Rendez-vous à 8h40 à l’arrêt Komaba, près du campus de l’université de Tokyo. Attendez les quelques retardataires au milieu des courants d’air. Faites la queue sous la pluie devant le gymnase pour rentrer un par un. Montez au 4ème. Posez vos affaires. Attendez.
3.     Aidez à accrocher l’étendard de l’université au mur (vous êtes grand). Soyez remercié pour ça. Attendez.
4.     Regardez les sempai de l’équipe 1 se mettre en tenue. Gelez-vous les pieds sur ce putain de parquet glacé. Attendez.
5.     Regardez les sempai de l’équipe 1 mettre leur armure, puis regardez-les s’échauffer pendant que vous sautillez sur place pour avoir l’illusion de sentir les extrémités de vos membres. Attendez.
6.     Vers 10h, rassemblez-vous avec les autres en rang pour la (brève) cérémonie d’ouverture : Bonjour à tous. Bla bla. Ichidô… rei. Bonjour à tous. « Bonjour ! » Discours inaudible d’un sempai de Tokyo. Ichidô… rei. Bonjour à tous. « Bonjour ! » Discours inaudible d’un sempai de Waseda. Ichidô… rei. Bonjour à tous. « Bonjour ! » Discours inaudible d’un sempai de… Attendez qu’on ait fait le tour des 6 universités. Ichidô… rei. Rupture des rangs. Attendez.
7.     10h30 pétante, début de la compétition individuelle. Allez encourager Takano-sempai qui combat. Sautillez sur place. Attendez. Allez encourager Oda-sempai qui combat. Sautillez sur place, battez des bras. Attendez…

8.     Pause de 13 heures. Faites l’aller-retour au combini le plus proche avec Nishiyama-sempai pour occuper votre estomac (ACTION !). Revenez avant 14 heures. Interrompez votre sandwich, la compétition en équipe va bientôt commencer. Rassemblement. Attendez. Explications. Rupture des rangs. Attendez.
9.     Regardez les sempai de l’équipe 1 faire leur second échauffement. Battez des mains, des pieds, des oreilles, enfin, bougez quelque chose quoi. Attendez.
10. Début de la compétition en équipe vers 14h30. Allez encourager l’équipe de l’université. Battez de tout de qui bouge. Attendez. Changez de shiai-jô, acclamez l’équipe de l’université. Asseyez-vous en seiza, en tailleur, puis en seiza encore. Attendez. Continuez à pétrir la pâte jusqu’à ce que mort cérébrale s’ensuive.

11. Réveillez-vous ! (vous piquiez du nez, je vous ai vu !). Il est 18h30 à l’horloge, la compétition en équipe s’achève. Attendez. Rassemblement. Attendez. Discours. Discours, discours. Attendez. Remise des récompenses, équipes de filles, équipe championne, vice-championne, bronze, 3 combattantes par équipe, 3 médailles par équipe. Equipes de garçons, 9 combattants par équipe, neufs médailles autour du cou par équipe, salut aux sempai, saluts aux équipes, salut à l’horloge, salut salut salut. Attendez.
12. Retour dans les rangs. Il faut se dépêcher, on est sur le point de dépasser le temps réglementaire d’occupation du gymnase (comment se fait-ce ?). Attendez. Tout le monde range ses affaires. Attendez on vous dit.
13. Retour à la gare, retour à Meidaimae, retour à la maison, posez l’armure non déballée  dans votre chambre douillette, il est quelque chose comme 19h15

Attendez ! C’est pas fini !

14. Retour au pas de course à Meidaimae, rendez-vous devant l’izakaya à 19h30. Attendez l’arrivée des sempai. Aidez à mettre deux coussins dans un coin et trois assiettes sur une table. Faites-vous indiquer une place. Attendez. Faites-vous indiquer une autre place finalement. Attendez. Revenez à l’entrée avec les autres.
15. Les sempai arrivent au compte-goutte, essayez de vous investir en vous emparant d’un cintre. Attendez. Par désespoir, rendez le cintre à un camarade de 1ère année, qui s’empressera d’y accrocher les effets d’un sempai. Attendez. Mettez-vous à une nouvelle place qu’on vient de vous indiquer après mûre, mûre, mûre réflexion. Attendez. Asseyez-vous. Attendez.
16. Discours d’introduction de beuverie d’un sempai. Beuverie. Buvez un peu, attendez. Des plats arrivent. Attendez. MANGEZ ! Mangez, mangez, mangez (ça occupe). Attendez. Ça bouge, ça parle, ça rigole. Observez, buvez un peu, attendez. Changez de place. Papoter cinq minutes avec un sempai en faisant bien attention à ce que vous dites (ACTION !). Attendez. Reproduisez le motif tout le pourtour de la soirée. Mangez encore un peu pour assaisonner.
17. 21h30, l’heure de quitter les lieux. Attendez. Les sempai se lèvent, ont leur tend leurs effet. Attendez. Ça écluse lentement. Réunissez vos propres affaires en trois mouvements simples et précis. 「忘れ物や落し物を忘れないようにご注意下さい!」. Attendez. Trépignez sur place. Attendez. Sortez dehors d’un pas mesuré (self-control). Attendez. Tout le monde sort en titubant, lentement, lentement, lentement, re-rentre, ressort, va chercher un sempai, revient, retourne, va chercher une écharpe oubliée (忘れ物を忘れないように…), remet ses chaussures, se rassemble plus ou moins en groupes vaguement organisés dans la rue…
18. On remet ça pour la seconde partie de la soirée dans un autre endroit ! Vous venez ? Vous déclinez l’invitation, vous êtes vraiment confus, vous travaillez le lendemain (oui, vous donnez de modestes leçon de français tôt le samedi matin à Shibuya), vous vous confondez en excuses, kaesasete-itadakimasu, vous recevez littéralement la faveur qu’on vous laisse ENFIN rentrez chez vous, et vous vous carapatez avec un dernier signe d’adieux amical. Omote, ura, vous êtes tout retourné, sans dessus-dessous.
19. Il est 22 heures, et vous avez passé une merveilleuse journée.



Croyez-moi, un plat comme ça, ça vous tient au ventre. Vous le remâchez ensuite pendant des semaines, et on vous en resservira à volonté, jusqu’à l’écœurement.

Bonne dégustation !

dimanche 18 novembre 2012

Trois familles


Le voilà, il est tout neuf, je l'ai reçu hier.
Pour ceux qui ne savent pas lire, c'est écrit verticalement Rauch, et au-dessus mei-ji-dai, abréviation pour Université de Meiji. Donc maintenant, je fais vraiment partie de la famille.

Trois familles